mercredi 1 décembre 2010

Décroissance et gratuité, moins de biens plus de liens!

Salle pleine à l’amphi Chateaubriand de Rennes 2, jeudi soir 25 novembre 2010 pour écouter Paul Ariès, politologue, spécialiste de la mondialisation. Dans un discours passionné, avec un goût pour les formules frappantes, il proclame qu’il faut en finir avec le mythe de la croissance et se définit comme « objecteur de croissance »
Notre monde vit trois crises importantes :
1) Une crise environnementale : épuisement des ressources, réchauffement du climat, érosion de la biodiversité…Paul Ariès développe des situations connues(je ne développe pas)
2) Un effondrement social. Quelques chiffres : 2% de la population mondiale détient 50% des richesses. Si on a un patrimoine de 45000€, on appartient aux 10% les plus riches de la planète. Si notre patrimoine est de 75000€, on est dans les 1% des plus riches. Notre mode de vie n’est pas généralisable.
3) Une crise politique. Les grands partis n’ont pas de projet à la hauteur des enjeux. Les Droites ont un projet, le « capitalisme vert ». Comme le dit Laurence Parisot, « un peu de croissance pollue, beaucoup de croissance dépollue ». Les Gauches veulent relancer la consommation et la production. A terme, on va dans le mur.
Qu’est-ce que la décroissance ? Ce n’est pas le retour à la bougie. C’est "vivre mieux avec moins". La décroissance doit être équitable et sélective.
Paul Ariès distingue trois niveaux d’action pour la décroissance :
1) la simplicité de vie. C’est ce que chacun peut faire à son niveau. Indispensable mais insuffisant.
2) les expérimentations collectives : AMAP, Cigales…Important, mais il faut aller plus loin.
3) au niveau politique, Paul Ariès lance quelques pistes : relocalisation de l’économie contre le mondialisme, gratuité contre marchandisation, un revenu minimum garanti et un revenu maximal autorisé…
Paul Ariès en appelle à une révolution des consciences : le don et la gratuité contre la consommation. Moins de biens et plus de liens. Dans l’enseignement, par exemple, ce dont on a le plus besoin, c’est de la présence d’adultes. Notre société du toujours plus repose sur l’inversion du sacré, le culte de l’argent, du paraître, de la croissance. Le culte de la consommation veut répondre à nos angoisses existentielles. Pour lutter contre ce culte, il faut accepter, par exemple, de remettre la mort à sa place dans notre société.
Si on est pessimiste, on se dit que le 21è siècle risque de sombrer dans un totalitarisme soft mais barbare : nous serons les forçats de la production et de la consommation.
Si nous sommes optimistes, on peut espérer que la crise environnementale et sociale actuelle sera une chance qui permettra l’émergence de nouveaux projets.
Le mouvement pour la décroissance suscite l’intérêt de beaucoup de personnes. Les salles sont pleines aux conférences de Paul Ariès. Le mouvement est encore minoritaire et divisé mais de nombreuses activités militantes existent. Les revues « le sarkophage » et « la décroissance » en témoignent. (On peut consulter le site internet de ces revues).
Et en Bretagne voir "Bretagne décroissance"
Paul Ariès en Conférence : Décroissance et gratuité, moins de biens plus de liens!
Directeur du journal d'analyse politique le Sarkophage (plutôt "intellectuel" avec article de fond)

Rédacteur au journal La Décroissance (Plus dans la provocation)

Co-organisateur du Contre-Grenelle de l'Environnement

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