lundi 27 février 2017

L’éolien comparé au photovoltaïque …



Pourrait-on remplacer le projet de parc éolien d’Acigné par un programme photovoltaïque produisant la même quantité d’électricité annuellement ? C’est une question que laquelle nous avons été interpelés à la réunion de concertation sur l’éolien à Acigné du 8 décembre dernier, et pour laquelle l’un de nos membres, Michel, propose l’analyse suivante :



Nous prendrons l’exemple d’un parc éolien de 12MW (Mégawatts), constitué de 4 éoliennes de 3MW ou de 6 éoliennes de 2 MW (pour mémoire le parc de Béganne est constitué de 4 éoliennes de 2  MW). Un tel parc va produire une énergie annuelle de 23 GWH (Milliards de Watt Heures), soit  12MW x 8760 x 0,22 où :
8760 est le nombre d’heures dans une année (365 jours x 24 heures)
0,22 est le facteur de charge cité par Enedis le 8/12 pour l’éolien dans notre département.

A noter que la consommation d’électricité d’Acigné est de 27 GWH par an (cité encore une fois par Enedis le 8/12) ce qui montre qu’un tel parc produirait 85 % de l’électricité d’Acigné (particuliers et industriels) ce qui est tout à fait majeur.
On pourra remarquer aussi que cette consommation dépasse 3000 KWH par an et par habitant ce qui est très excessif, on en revient toujours à la nécessité d’une politique ambitieuse en matière de sobriété et d’efficacité énergétique (à commencer par chacun d’entre nous mais c'est une autre histoire).

Voyons maintenant comment produire la même quantité d’électricité avec du photovoltaïque :
Un panneau de 250W photovoltaïque occupe une surface de 0,983 x 1,639 = 1,61 m² (selon description d’un panneau pris à titre indicatif), ce qui fait 155 W par m² (250 / 1,61).
Pour produire 23 GWH par an en photovoltaïque, et en prenant un facteur de charge de 0,12 (chiffre également donné par Enedis le 8/12 pour le photovoltaïque dans le 35), il faudrait considérer une surface de : 23 GWH / 8760 / 155 / 0,12 = environ 141 000 m² ou 14 hectares de panneaux solaires !!  Ce qui représente tout de même une surface impressionnante.

En supposant, ce qui est très optimiste, qu’il y a 2500 maisons bien orientées à Acigné recevant un toit photovoltaïque de 20 m², cela nous donne 2500 x 20 = 50 000 m² ou 5 hectares. On ajoutera à cela une cinquantaine de bâtiments industriels ou agricoles capables de recevoir un champ de 200 m² de panneaux pour un autre hectare, et on arrivera à un total proche de 6 hectares sur bâtiments.
Reste donc 8 hectares à prendre sur les terres cultivées ou les milieux naturels pour les couvrir de panneaux et donc y condamner toute autre activité notamment agricole…

Reste ensuite le coût :

Pour référence, le parc éolien de Béganne a coûté 12 millions d’Euros, soit en gros 600 000 Euros d’investissement pour produire 1 GWH par an (ou 0,6 Euro à investir pour sortir 1 KWH par an pendant la durée de vie du parc)
Dans le photovoltaïque on est plutôt proche d’un million d’Euros pour produire la même chose (ou encore 1 Euro d'investissement pour produire 1 KWH/an et plutôt 2 à 3 Euros pour un toit sur maison individuelle ; dans le cas de mon installation en autoconsommation je suis plutôt proche de 3 Euros)

Conclusions :

1.      Pas sûr qu’il soit très écologique de condamner 8 hectares de terres agricoles pour faire du photovoltaïque (de quoi installer 4 maraîchers bios au moins), il est clair que l’empreinte en surface de l’éolien est sans commune mesure avec celle du photovoltaïque à moins d’une révolution rapide (et peu probable) dans les rendements.
Cela ne doit évidemment pas nous empêcher de mettre du photovoltaïque sur tous les toits possibles mais pas sur des terres cultivables...
2.      L’éolien fonctionne certes avec une puissance fluctuante mais prévisible, jour et nuit, et mieux l’hiver que l’été, ce qui est avantageux, même si la production photovoltaïque intermittente - en journée - colle assez bien avec les activités économiques (se souvenir qu’en France les 2/3 de l’électricité sont consommés par les ménages et le tertiaire et que les ménages ont une fâcheuse tendance à consommer le matin et le soir).
3.      L’investissement photovoltaïque serait au bas mot deux fois supérieur à production égale en Bretagne - à modérer néanmoins car les prix du photovoltaïque baissent (en gros, division par deux pour les particuliers au cours des 6 dernières années ; mais comme une grosse partie de l’investissement concerne maintenant la main d’œuvre, il n’est pas sûr que le prix installé continue à chuter aussi vite).
4.      Reste ensuite les autres aspects : le photovoltaïque ne fait pas de bruit, ne se voit pas de loin, mais l’esthétique de 8 hectares de panneaux au sol serait certainement discutable pour beaucoup…

Au final, il apparaît qu’à l’heure actuelle l’éolien est le moyen le plus crédible pour produire en masse de l’électricité renouvelable et couvrir une grande partie des besoins d’une commune proche de 10 000 habitants en Bretagne…

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