dimanche 26 février 2017

Qu’est-ce que la sociocratie ?



« La sociocratie est un mode de gouvernance qui permet à une organisation, quelle que soit sa taille — d'une famille à un pays —, de fonctionner efficacement sans structure de pouvoir centralisée, selon un mode auto-organisé et de prise de décision distribuée » (Wikipédia)

Ce sujet était le thème de notre réunion mensuelle du 6 février dernier. Michel nous en a présenté quelques notions qu’il a eu l’occasion de mettre en application dans son entreprise, complétées par les expériences de Véronique (qui en a suivi une formation mais n’a pas encore eu l’occasion de l’éprouver) et Fabien (qui avait participé à un club parent sur le sujet de la sociocratie en famille).

Le concept nous vient des Pays-Bas où il a été inventé dans les années 60. Il s’agit d’un mode de gouvernance qui vise à se substituer au fonctionnement hiérarchique existant dans une entreprise (ou tout autre type de structure). Sur la base du principe de consentement (où personne n’est contre) et non de consensus (où tout le monde est d’accord), on recherche des prises de décision là où il n’y a pas d’objection. D’après l’expérience de Michel, c’est quelque chose qui marche bien dans un groupe ayant un projet commun, et qui cherche à prendre des décisions pour atteindre un même but. Mais ça ne marche pas dans une situation de conflit où les protagonistes ne s’accordent pas sur leur objectif.

Notions de cercle de gouvernance / double lien / élections sans candidat :

Cercle de gouvernance = c’est le fonctionnement en cercle, sans table, sans estrade, où tout le monde est sur un pied d’égalité. La taille idéale d’un cercle est d’une quinzaine de personnes. Ceux qui participent sont volontaires. On part du principe que ceux qui sont là sont les bonnes personnes.

Double lien = quand il y a plusieurs cercles de gouvernance, 2 personnes dans chaque cercle sont chargées de dialoguer avec les autres cercles.

Elections sans candidat = mode qui permet de choisir parmi les membres d’un cercle de gouvernance, ceux qui assureront les rôles définis de leader (celui qui porte le groupe), secrétaire (qui assure la prise de note, le relevé de décision), d’animateur ou facilitateur, de gardien du temps …
L’élection sans candidat se déroule en plusieurs phase (pour chacun des rôles) :
1.      chacun note sur un papier son nom + le nom de la personne qu’il verrait pour le rôle
2.      tour de cercle où chacun donne les arguments de son choix (toujours positifs)
3.      nouveau tour de cercle où chacun confirme ou modifie son premier choix selon les arguments entendus
4.      le facilitateur propose alors un nom (pas toujours celui qui recueille le plus de voix)
5.      tour de cercle pour recueil des objections, s’il y en a (les objections doivent être argumentées, sérieuses, et non personnelles) – la personne citée s’exprime en dernier dans ce tour. S’il y a des objections, c’est au groupe de les lever.

Une fois les rôles définis, comment le cercle prend des décisions ?
Dans le cadre d’un projet par exemple, tout le monde peut faire une proposition, qui doit être écrite et étayée. C’est sur la base de ces propositions que le cercle est amené à prendre des décisions, selon le déroulement suivant :
1.      le porteur de la proposition en fait la présentation devant le cercle
2.      tour de cercle de clarification = chacun exprime ce qu’il a compris de la proposition pour être sûr qu’il n’y a pas de zones d’ombre
3.      tour de réaction = recueil de tous les points positifs que chacun trouve (ce que j’aime) et des points négatifs (ce qui me gratte)
4.      à cette étape, le porteur peut retirer sa proposition, ou l’amender, en faire une nouvelle en prenant en compte ce qu’il a entendu des réactions …
5.      tour d’objection = chacun exprime s’il y a quelque chose qui l’empêchera de dormir en cas d’adoption de la proposition. Là encore, s’il y a des objections, c’est au groupe de chercher à les lever
6.      discussions, possibles nouvelles modifications de la proposition …

Retours d’expériences :
Une des difficultés est de savoir, parmi toutes les plus ou moins grandes décisions qui sont à prendre au quotidien, celles qui doivent être remontées au cercle de gouvernance …
Il peut arriver qu’une compétence spécifique requise pour répondre à un problème soit absente du cercle. Le groupe doit alors faire des démarches pour s’en doter.
Par ailleurs, la transformation qu’implique ces nouveaux modes de fonctionnement peut perturber et déstabiliser les gens : perte de repère sur ce que doit faire chacun, sur les nouvelles responsabilités …

Au global, on peut avoir l’impression de perdre son temps, mais après expérience, on se rend compte du bénéfice pour les projets : c’est un processus long, mais robuste (peu de remise en question des décisions prises).

Comme le soulignait Jean-Michel : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! »

Quelques références :
·         site : sociocratie.net
·         article : http://www.ladn.eu/reflexion/lidee/holacratie-entreprises-liberees-sociocratie-est-ce-que-ca-marche/?utm_source=newsletter_ladn&utm_medium=email&utm_campaign=news_fevrier_2017&utm_content=nl060217
·         livre « La démocratie se meurt, vive la sociocratie ! » Gilles Charest, Esserci Ed
·         consultant : La croisée (Rennes)
·         association coopérative d’entrepreneurs Oxalis (Rennes), à laquelle particicipe notamment le formateur Yannis Camus (Vern)
·         voir aussi l’expérience de Scarabée Biocoop : http://lareleveetlapeste.fr/holacratie-un-magasin-sans-hierarchie-cest-possible/

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