vendredi 29 juin 2012

Quand les Acignolais des villes ont rendez-vous
avec les Acignolais des champs ...


Visites guidées sur le terrain avec David Jouault, 

les 12 mai et 9 juin 2012

CR par Hélène Poirier



Suite aux rencontres récentes de Courants Alternatifs avec les agriculteurs locaux, David Jouault nous avait proposé un rallye-ferme sur son exploitation. Deux visites ont été organisées, qui nous ont permis de découvrir l'histoire de cette exploitation, ainsi que la démarche de David et les évolutions qu'ils mettent en place avec Aline, son associée. David nous a guidé à travers les champs du Plessis et des Hautes Escures, pour nous montrer ses expériences, nous faire toucher et sentir les différentes qualités du sol, nous faire comprendre l'agriculture telle qu'il la pratique au quotidien.

Présentation générale :

David a grandi dans une famille d'agriculteurs installée aux Landelles à Thorigné-Fouillard. Après 6 mois de stage au Danemark à l'issue de sa formation, il a cherché un terrain pour s'implanter en 1ère couronne de Rennes. Mais en ce début du XXIème siècle, et malgré les aides à l'installation dont il pouvait bénéficier, ainsi que du soutien de ses frères, du notaire et du banquier de famille qui connaissaient bien le milieu agricole, il lui aura fallu 3 ans de recherches avant de trouver … L'exploitant des Hautes Écures sur Acigné part en retraite. Un accord est finalement conclu, et David peut s'installer enfin en 2002. Il reprend le cheptel de vaches laitières et l'exploitation de 50 ha de terres agricoles autour des bâtiments.

Pour autant, les premières années sont difficiles : des travaux de mise aux normes sont nécessaires, le prix du lait chute … Cette période difficile est l'occasion d'une réflexion sur les vrais choix que souhaitent David et Aline avec laquelle il s'est associé en 2006 – 2007. Cette association a permis de regrouper l'exploitation des Hautes Écures et 50 ha de terres du Plessis ("parmi les meilleures terres d'Acigné"), pour cultiver blé, maïs, luzerne, pois, colza … à la fois pour nourrir le cheptel de vaches et pour la vente. Des accords avec les agriculteurs voisins en élevage porcin, permettent de récupérer les effluents et de les épandre sur les terres des Écures (possible car il n'y a ni point d'eau, ni riverain) pour un bénéfice réciproque et une indépendance vis-à-vis de la production. L'intégration de réseaux associatifs (CETA, BASE) leur permet également d'échanger sur les pratiques techniques et économiques entre agriculteurs, de comparer leurs expériences et leurs résultats.

En parallèle, la rencontre de David avec Frédéric Thomas est déterminante : en associant les techniques sans travail du sol, la conception de nouvelles rotations de cultures, les couverts végétaux et les apports de compost, celui-ci a réussi à améliorer la fertilité de ses sols (pour plus d'info : http://www.agriculture-de-conservation.com/spip.php?page=sommaire).

Un choix d'orientations est pris entre associés, qui vise à produire en sorte d'avoir un revenu décent, tout en ayant un bon bilan carbone (moindre consommation de pétrole) :
  • il faut partir du sol et voir ce qu'il demande ("il faut faire du surf !"). C'est une chance d'avoir de très bonnes terres au Plessis : il y avait antérieurement des porcs et bovins et elles ont reçu une fumure équilibrée. Et comme il n'y a plus d'animaux dessus, il n'y a plus de compactage ; elles ne nécessitent donc plus d'être labourées pour décompacter.
  • vers une agriculture sans labour : ça remue moins le sol, ça préserve le travail qui s'y fait tout seul (grâce à l'action des vers de terre, bactéries et champignons). De plus, ça limite l'usage du tracteur et donc la consommation de pétrole.
  • le choix des outils et du matériel se fait maintenant sur le critère "comment il va vieillir" et en adaptation aux réels besoins du terrain
  • semi direct pour les cultures qui s'y prêtent + sélection d'engrais verts en rotation et associations de plantes ("à terme, l'idéal, c'est la permaculture !") avec gestion des récoltes multiples sur une seule phase de semis … dans la limite des contraintes règlementaires toutefois …


Aujourd'hui, le bilan "efficacité technique" est positif : rapporté à une production de 1000 L de lait et 1 ha de blé, les résultats production / charge de David et Aline les placent parmi le tiers supérieur des exploitants en Ille et Vilaine.

Mais passons sur le terrain …


Observations :
  • les outils : pelle, couteau, pénétromètre (pour simuler la zone d'exploration d'une racine)
  • le relief du terrain, l'humidité dans les champs 
  • le travail des vers de terre (nombre de galeries, différents type de vers de terre …)
  • degré de fermentation (versus oxydation) des végétaux en décomposition grâce au travail des champignons et bactéries


David nous explique quelques principes de base pour développer la biomasse (vers une agriculture "écologiquement intensive") :
  • planification et rotation des plantes + complémentarité des semis en sorte d'avoir 2 récoltes pour un seul passage de semis, et d'avoir toujours un sol couvert
  • faire des analyses des plants pour évaluer les carences en azote ou si le sol a pu exprimer tout son potentiel : l'intérêt d'un sol bien structuré (= moins travaillé au labour), c'est qu'il réagit plus vite au stress des intrants (herbicide, engrais), et qu'on a donc moins besoin d'en mettre. Les doses que David est amené à mettre sont de l'ordre du dixième de celles mises d'habitude.


Les difficultés rencontrées :
  • la Directive Nitrate votée au niveau européen n'autorise pas tous les engrais verts.
  • l'épandage de lisier (cf plus haut) se fait avec un outil qui écrase les cultures de blé quand elles sont montées : on ne peut donc le faire qu'avant. Une fois que le blé est levé, l'apport d'engrais se fait au moyen de perles d'azote diffusées par une trémie montée sur un tracteur plus léger
  • C'est quand on coupe le blé en été, qu'il faudrait pouvoir enrichir le sol en semant un engrais vert (pour ne pas laisser la terre à nu), et nourrir la terre avec de l'épandage (qu'il est obligatoire d'enfouir dans les 24H) ; or à cette période de l'année, cela est interdit par la législation …
  • en ce qui concerne la protection contre les pesticides pulvérisés, David explique que les protections individuelles sont contraignantes (manque de visibilité, encombrement des gestes …) et pour être vraiment efficaces, il faudrait changer les filtres à chaque fois, ce qui revient cher. Il en met pour les fongicides (qu'il estime être les plus dangereux pour lui), mais sinon, il préfère la ventilation de son tracteur sans cabine !
  • les corbeaux mangent les graines semées, et même les jeunes plants en tirant dessus (pour y faire face, il existe des graines enrobées d'un répulsif et vomitif …)
  • les limaces font également des ravages dans les cultures. Mais certains ont observé que quand elles s'attaquent à une espèce de plantes, elles restent sur cette espèce ensuite ; d'où l'idée de semer en même temps que ce qu'on souhaite récolter, une autre plante qui va pousser plus rapidement et qu'on ne cherche pas à récolter (sur laquelle les limaces vont jeter leur dévolu !). Il semblerait par ailleurs que les limaces mangent les pucerons … elles ne seraient donc pas si "nuisibles" que ça ? à vers la lutte intégrée …


Les expériences :
  • Le Plessis - Champ commun (4,4 ha) : du maïs précoce a été planté en semi direct avec un outil totalement réaménagé qui ne travaillera que là ou la semence en aura besoin : une dent prépare le chemin des futures racines, et un jeu de disques rotatifs ouvre juste le sillon, dépose les graines puis les recouvre. Les racines peuvent ainsi pousser facilement, et profiter du travail des vers de terre restés à côté. Un herbicide chimique est pulvérisé pour supprimer les indésirables qui font concurrence. Cet hiver, David avait mis de l'engrais vert, qu'il a passé au rouleau quand il a gelé pour faire un paillis, et la décomposition des racines a permis de nourrir le sol. Mais il a fallu passer un coup de glyphosate quand même, parce que tout n'avait pas gelé complètement.
  • Le Plessis - Recusses Haut (2,5 ha) : champ de luzerne, au milieu de laquelle ont poussé les cultures de l'an dernier (colza, blé …) Il y aura une première coupe qui sera donnée aux vaches, et la luzerne repartira toute seule après, pour que la seconde récolte soit assez propre pour pouvoir être vendue, sans avoir recours à un herbicide (dans la mesure où une diversité d’espèces est tolérée). Lors de notre deuxième visite, le champ a été coupé, la première récolte était en fait suffisamment propre et a pu être vendue.
  • Le Plessis - La Prée Sec (4,8 ha) : ce champ de pois planté en semi direct est attaqué par les pucerons. Le risque est qu'ils apportent un virus qui nanifie les gousses de pois … David hésite encore : traitement ou pas ? (le choix de ne pas en mettre sera finalement retenu) On observe ici l'effet talus : en bordure de champ, près des haies, l'ensoleillement est moindre et les plants lèvent moins ; une bande juste après en revanche, concentre la pluie et lève beaucoup plus, si bien que l'ensemble s'équilibre.
  • Le Plessis - La Prée Humide (5,1 ha) : ce champ a été planté en monoculture de maïs depuis 30 ans, avec un rendement stable. Le problème, c'est la résistance du liseron, car il n'existe pas de molécule efficace dessus. Cette année, David a tenté de semer du maïs sur 2 bandes croisées : l'une travaillée superficiellement avec un outil qui gratte la terre sur 3 cm, l'autre en perpendiculaire, en semis direct. Malheureusement, l'expérience n'est pas concluante : visiblement, ce champ n'est pas prêt pour le semi direct précoce … Cependant un second semis accompagné d’un grattage de surface à réussi à valider le concept du semis direct (si l’on accepte ce léger compromis) un mois et demi plus tard !!
  • Les Ecures : un champ de maïs planté sur une ancienne prairie a suggéré l'idée de conserver le trèfle pour qu'il nourrisse le maïs. Toutefois, il a fallu gérer l'équilibre pour que le trèfle ne prenne pas le dessus, quitte à passer un peu d'herbicide pour en limiter la croissance et permettre au maïs de dominer. L'idéal serait de pouvoir semer des haricots et du soja en inter-rang dans le maïs. En attendant de pouvoir le faire, David va semer une prairie qui sortira au moment de la récolte du maïs, pour permettre d'y installer les bêtes.
  • Dernier champ de notre visite, en bordure de forêt : sur cette ancienne prairie détruite au glyphosate, l'expérience de semis direct simplifié de maïs ne semble pas avoir marché non plus : la température ? le couloir de vent ? Décidément, ce métier est un peu aussi comme jouer au poker !?!

mercredi 28 mars 2012

Poissons de saison ?


Hello,
Ce matin,  avant de partir au marché, je me demandais : mais quels sont les poissons de saison en ce moment ?
Sur internet, j'ai trouvé ce site de notre administration nationale :
              http://alimentation.gouv.fr/consommateur-responsable
Il couvre plus large que les poissons, vous y trouverez aussi les fromages de saison et bien sur les légumes.
Pour les poissons, j'ai enregistré aussi ce petit tableau qui résume les informations de saison, de provenance, de cuisson, etc...
              http://www.bretagne-qualite-mer.com/images/banque-images/recettes/saisons.pdf

Au printemps

Finalement, j'ai acheté deux maquereaux que je vais sans doute cuisiner au cidre sur lit de poireaux.
Pour le fromage, j'ai aussi pris un fromage de saison qui était justement en dégustation : du Valençay, un fromage de chèvre.


 



En général

Vous pouvez aussi suivre les conseils de Mister Goodfish qui propose aussi une liste des espèces recommandées pour la saison avec photos et recettes :

vendredi 16 mars 2012

Visite de la ferme d’Ifer (Sylvie et Yvonnick Letort)


CR par Dominique Talidec
Samedi 3 mars 2012
Super accueil, 4 h de visite approfondie !
En illustration de cet article, vous pouvez aussi regarder l'album photo réalisé par François Jonquet :


Présentation générale :
Ferme de taille moyenne, 62 hectares, où les champs sont regroupés autour des bâtiments de la ferme. La surface des champs est d’environ 8 ha. (1 ha équivaut à peu près à la surface d’un terrain de foot).
Sylvie et Yvonnick ne sont pas propriétaires mais locataires : sous le régime du fermage. Ce fermage s’est transmis dans la famille d’Yvonnick depuis l’installation de son arrière grand-père (meunier) en 1905. Les champs étaient alors plantés de pommiers (tous les 20 mètres) sous lesquels étaient pratiqués des cultures. Le revenu provenait de la vente de cidre à Rennes.
Il n’y a pas eu de remembrement mais beaucoup d’arbres et de haies ont disparus. La route qui monte à la ferme s’appelle « la rabine », ce qui signifie un chemin planté d’arbres.
Les arbres ont été enlevés entre autres quand le prix du blé est devenu beaucoup plus cher que celui du bois. Aujourd’hui l’entretien des haies pose de nouveaux problèmes : les copeaux de bois nécessitent de grandes surfaces de stockage pour un long séchage : les fagots sont peu utilisables et il est interdit de les bruler dans les champs …
Aujourd’hui l’extension de l’urbanisation est une menace pour cette ferme très proche du bourg et de l’usine Mailleux.
Le projet global :
Elevage de vaches laitières en « agriculture biologique » : la ferme est envisagée comme un système autonome (les vaches se nourrissent sur la ferme …) dont les éléments sont en interactions (les vaches apportent leurs déjections au sol …).
Service à la population locale : en entretenant et valorisant des terres agricoles, en protégeant l’environnement (eau …), en produisant des aliments de qualité, etc.
La conversion au bio nécessite l’aide de l’Etat (financière et technique) car beaucoup d’agriculteurs sont convaincus des bienfaits de la bio mais craignent d’être dépassés (« mauvaises herbes », etc.).
Les cultures :
Aujourd’hui les champs nous semblent tous uniformément couverts d’une courte végétation verte et nous traversons des champs qui ressemblent tous à des prairies. Mais ce n’est pas toujours le cas.
L’agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour préserver les sols et leur fertilité. Ce qui implique nécessairement des parcelles plus petites qu’en monoculture.
À Ifer, il s’agit d’une rotation sur 7 ans : 5 ans de prairie, puis 1 an de blé (pain, paille), puis 1 an de mélange céréalier + pois (aliment pour les vaches).
Au cours de cette visite, Sylvie et Yvonnick nous présentent trois types de parcelles :
  • Le champ du mélange céréalier (en haut à gauche, quand on monte la rabine) :
Mélange composé de tritical (nouvelle céréale), d’avoine et de pois (riches en azote) ; semé en novembre et moissonné en juillet. C’est un mélange propre au bio, équilibré (nutrition) et dont le pouvoir couvrant étouffe les « mauvaises herbes » (pas de sarclage).
La densité de couverture est due notamment à la propriété de tallage de l’avoine : une graine donne 4 pieds et 4 épis (voir photo de François).
  • La prairie : base de l’alimentation des vaches (80%).
Aujourd’hui, on voit l’aspect grumeleux de la terre entre les touffes indiquant l’activité intense des vers de terre en cette période. 
On ne la sème qu’une fois et pendant 5 ans on entretient la prairie en organisant le passage des vaches et les fauches en fonction de la pousse de l’herbe (mesurée avec l’herbomètre) et des besoins.
Semis avec un mélange de graminées (Ray grass, fétuque …) et de légumineuses (luzerne, trèfle …) qui ont la propriété de fixer l’azote de l’air. C’est bon pour le sol et pour l’équilibre alimentaire des vaches. Délai de 35 jours entre 2 pâturages des vaches sur une parcelle afin de rétablir l’équilibre entre repousses des graminées et des légumineuses (qui sont très prisées des vaches mais provoquent un météorisme qui peut leur être fatal).
Les prairies viennent de terminer leur 2 mois de repos annuel (amélioration de leur portance), les vaches sont sorties. Pour favoriser le tallage et la pousse de l’herbe nouvelle, elles vont rapidement passer dans toutes les parcelles (3 à 4 jours par tranche de 4 ha) : cela s’appelle le déprimage.
Ensuite, au printemps, l’herbe pousse très vite et elle est très humide : elle est coupée pour l’ensilage. C'est-à-dire qu’après la coupe, elle est rapidement séchée (1 jour) puis hachée et tassée sous une bâche pour provoquer une fermentation lactique (comme pour la choucroute).
En été, le fauchage pour le foin nécessite une semaine de beau temps pour le séchage dans le champ (certains agriculteurs investissent dans des granges/séchoirs comme l’éleveur bio sur la route de Noyal).
En automne les vaches repassent sur toutes les parcelles.
Les vaches nourries à l’herbe bénéficient d’une alimentation riche en oméga 3 (le lin n’ajouterait rien).
  • Le champ de blé : cette année dans le champ de la Grange (juste derrière la grange, à
droite quand on arrive dans la cour).
C’est une plante sarclée comme le maïs.
Aujourd’hui le blé est en herbe. Il a été semé à l’automne et passe 9 mois en terre avant la moisson. Son enracinement est très profond (1.50 mètre) (10 cm pour le maïs).
Le rendement d’un champ bio est nettement moins élevé (45 quintaux/ha) que celui d’un champ « conventionnel » (85 q/ha) mais son prix est 2.5 fois plus élevé.
En « conventionnel », les apports d’azote sous forme minérale peuvent se faire juste au moment où la plante en a besoin. Mais les fongicides sont nécessaires du fait des faibles rotations qui pourraient endiguer le développement des champignons.
Prix plus élevé et coûts moins importants : le bilan économique est satisfaisant en bio.
Le grain de blé moissonné doit sécher un peu (3 mois) avant d’être moulu. Il passe à la trieuse pour éliminer les autres graines.
Les vaches :
45 vaches + 45 génisses (pendant 3 ans). Ce qui fait environ 1 vache/ha de prairie.
Ce qui fait 75 UGB (Unité gros bétail).
3 races :
- Holstein (noire et blanche) : la plus anguleuse ; ne donne pas de viande mais beaucoup de lait.
- Normande : plus de graisse et de protéines dans le lait.
- Montbéliard (marron et blanche) : bonne pour la viande.
En moyenne sur l’année, à Ifer, les vaches donnent 20 litres de lait par jour pendant 300 jours. Elles se reposent 2 mois avant le vêlage suivant. Une vache fait un veau par an (9 mois de gestation) pendant 5 à 7 ans. Ensuite, c’est l’abattage.
Le vêlage ne nécessite généralement aucune intervention humaine. Le veau reçoit un nom commençant par la lettre de l’année en cours et rappelant celui de sa mère. À 2 mois, l’utilisation du brule-corne permet d’éviter la pousse des cornes et les blessures de combat.
Les mâles sont vendus rapidement.
Les génisses doivent être très bien nourries pendant les 6 premiers mois pour favoriser leur développement. Âgées d’un an, elles sont moins bien nourries afin de prévenir l’excès de graisse et les mammites. Un fourrage assez grossier et piquant favorise le développement de la panse. Mises à l’herbe, elles se développent de façon spectaculaire.
La panse sert à la rumination. Les fibres piquantes déclenchent cette activité. L’observation du nombre de coups de gueule par bol alimentaire remonté de la panse donne un aperçu de l’état de santé d’une vache.
En moyenne sur une année, chaque vache reçoit 18 kg de matière sèche /jour.
À l’étable, on utilise 120 tonnes de paille par an : 2 balles par jour.
Près de la salle de traite, utilisation d’un tableau annuel des cycles de chaque vache (voir photo de François).
Le contrôle laitier établit par un service extérieur permet de suivre le profil du lait de chaque vache très régulièrement.
Et après :
Pour suivre l’activité de la ferme selon les saisons, Sylvie et Yvonnick sont prêts à nous accueillir à nouveau, nous pouvons aussi observer l’évolution de l’herbe et des cultures dans les champs lors de nos passages à Ifer pour ravitaillements et lire les nouvelles sur le site internet d’Ifer : 
http://www.fermebio-ifer.fr/actualites.php

mardi 13 mars 2012

Animation Courants alternatifs et agriculteurs d’Acigné le 05 /03/2012


CR par Valérie Vaissaire



Vision de l’agriculture aujoud’hui  à Acigné   

L’agriculture à Acigné est présentée comme une agriculture familiale :
  •         35 exploitations de taille moyenne (60 ha par ferme)
  •         production diversifiée (toutes les productions présentes : lait, porcs, lapins, abeilles, chèvres, chevaux, poulets, pommes maraichage culture)
  •        productive, maîtrisée employant des hommes et des femmes et respectueuse de l’environnement (raisonnée)
  •         beaucoup de formations reçues
  •         réseaux de distribution diversifiés : vente directe (assez peu), laiteries, coopératives
  •         peu rémunératrice, différence de rentabilité entre les productions
  •         cohérente avec une vision à + 5ans

Avec quelques points négatifs soulevés (pas spécifiques à Acigné):
  •         une agriculture dépendante du pétrole, des protéines.. et de l’industrie (élevage de volaille hors sol)
  •         un manque d’intégration à la société (coupure ville / campagne)
  •        problème de la pollution de l’eau / Algues vertes
  •        une agriculture « artificielle » qui répond plus à la demande (supposée ou créée par le marketing ?) des consommateurs qu’aux besoins de la nature (et de la santé des hommes)

une agriculture en mutation de plus en plus respectueuse de l’environnement 
mais qui se cherche encore entre économie et écologie

Vers quelle agriculture rêvée ?
  •        conserver le schéma familial (+ d’emploi agricole)
  •        des terres agricoles (limitation de l’urbanisation et + de fermes)
  •        une agriculture indépendante, + autonome, pouvant nourrir la population locale
  •        élevage ouvert
  •        locale (privilégier les circuits courts) organisée pour la commercialisation de ses produits
  •        qui favorise les liens agriculteurs / consommateurs (échanges, partage de connaissances, de semences, de plants…)
  •        que toute la population puisse se réapproprier=> développement du jardinage individuel (ou collectif) de la cueillette
  •        sensibilisation de la population aux cycles naturels (produits locaux et de saison)
  •        des produits de qualité, mieux valorisés et sains (pour la santé)

une agriculture reconnue pour son rôle sur l’environnement, 
respectueuse de la terre et des hommes 



mardi 6 décembre 2011

"La solidarité ou le chaos" avec Jean-Claude Pierre

Trois membres de courants alternatifs ont assisté à la conférence de Jean-Claude PIERRE, invité par l'association "LA BONNE ASSIETTE" à Rennes le 2 décembre 2011, en voici un compte-rendu par Michèle Poilane-Jonquet.


Jean-Claude Pierre est :
  • le fondateur d'EAU ET RIVIERES de Bretagne
  • Membre du CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL de Bretagne
  • secrétaire de l'association NATURE ET CULTURE
  • porte-parole du réseau COHERENCE qui rassemble plus de 110 associations de paysans, consommateurs, écologistes, éco-constructeurs...
Cette conférence est basée sur le nouveau livre de JC Pierre : "l'APPEL DE GAÏA",   est la déesse de la Terre, symbole de fécondité.

En raison du réchauffement de la planète, des pollutions eau-air-sols (substances chimiques, OGM, radio-éléments...) entraînant une érosion des sols et de leur fertilité ainsi que la diminution de la biodiversité, on peut s'attendre à :
  • 100, 200, 300 millions d'éco-réfugiés : où iront-ils ?
  • une progression des inégalités qui entraîne des replis identitaires, des violences
Mais, les pires des pollutions sont l'indifférence et la résignation, il faut surtout RESISTER.

Entrer en résistance par rapport :

  • à la consommation (faire prédominer l'Etre  sur l'Avoir)
  • à la croissance
  • au néo-libéralisme (seule loi du marché)
  • contre les formes d'hédonisme

Il s'agit de promouvoir la SOLIDARITE à 3 niveaux :
  • dans l'ESPACE : une seule Matrie (la Terre) pour tous les humains (Edgar Morin), chaque peuple doit pouvoir assurer son autonomie alimentaire (allusion à un slogan du CCFD : "nos poulets plument l'Afrique")
  • dans le TEMPS :" nous n'héritons pas de la planète, nous l'empruntons à nos enfants" St Exupéry, ce qui implique le principe de précaution
  • avec le VIVANT : quand l'abeille meurt, l'homme est menacé, car sans pollinisation, pas de fruits, donc raréfaction de la nourriture
Il importe, de se référer à d'autres valeurs : associatives, mutualistes, coopératives (COOPS, SCOPS, SCIES, NEF, Terre de Liens...), de désacraliser l'argent mais sacraliser la Terre (cultiver la Terre, c'est le contraire d'exploiter la terre)

2012 sera l'année internationale de la coopération.

Le partage équitable du travail revivifie la démocratie.

La transition permet des initiatives (villes en transition)

Après la philosophie, il nous a parlé de plusieurs expériences en Autriche, en Allemagne :


Selon le Grenelle, à l'avenir, les logements ne devraient pas consommer plus de 50 kw/h/m², soit l'équivalent de 500 litres de fuel par an, actuellement, la consommation est autour de 200 kw/h/m² soit 2000 l de fuel/an. Dans une  commune d'Autriche, elle est de 15 kw/h/m²!!!

En Autriche, il a été décidé, par référendum, la non-utilisation d'une centrale nucléaire construite. Les habitants ont créé une coopérative pour subventionner des panneaux photovoltaïques, des éoliennes, de la bio-masse. Et, avec l'argent récupéré sur la vente de l'énergie ils ont créé une monnaie locale.

Dans une région d'Allemagne, aux dernières élections, ce sont les écologistes qui ont remporté parce que les énergies renouvelables créent beaucoup d'emplois !...

Au cours de la conférence il a fait référence à plusieurs livres :

  • "Pieds nus sur la terre sacrée" un recueil de textes de chefs indiens recueillis par deux américains.
  • "Un autre monde est possible" de Suzanne Jorge

mercredi 23 novembre 2011

Atelier décoration de Noël ouvert à tous/toutes à la MAPA


Avec l'automne qui avance et l'hiver qui approche, l'envie de mettre de la couleur et de la gaîté autour de nous est grande. Décorer sa maison pour les fêtes de Noël participe à cet élan.
Pour cela, "Courants Alternatifs" vous invite à réaliser des décors économes en énergie, avec des matériaux naturels ou recyclés, lors d'un après-midi convivial :



Samedi 26 novembre de 15h à 17h à la MAPA
Impasse des 4 saisons à Acigné.

A l’issu de cette après midi, chacun repartira avec ses réalisations et pourra ainsi décorer sa maison de manière plus écologique. Pour les personnes qui le souhaitent, nous proposons de nous déplacer afin de venir découvrir les réalisations, les prendre en photo pour réaliser une exposition.
Pour cet après midi bricolo, apportez ce que vous pourrez récolter.
Des produits naturels :
  • des branches de sapin,
  • des pommes de pin,
  • des branches de houx,
  • des branches de gui,
  • des branchettes (pour faire des fagots), de longues branches longilignes et souples que vous pouvez récolter en taillant vos arbustes (pour faire des étoiles),
  • des oranges séchées en tranches, du rafiat…
Et des matériaux recyclés :
  • des rubans et des tissus (aux couleurs de Noël),
  • de la ficelle, de la laine,
  • des briques de lait ou de jus de fruit (l’intérieur est argenté),
  • des fonds de bouteille plastique,
  • de vieux papiers cadeaux,
  • mais aussi les vieilles décorations qui peuvent être démantelées,
  • des décors découpés dans des plaques de bois,
  • du papier blanc, de papier blanc imprimé ou du papier journal…
Et laissez aller votre imagination…